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jeudi 25 novembre 2010

Aboutissement du projet

Ce lundi, j'ai soutenu mon projet de thèse à l'Université de Rennes 2, devant une salle comble (plus de 100 personnes). Je ne peux que remercier mes proches et toutes ces personnes que je ne connaissais pas qui m'ont soutenu dans ce moment si particulier.
La soutenance s'est bien déroulée mais tout est passé si vite pour moi. De nombreuses idées de nouvelles recherches ont depuis fusé dans ma tête, idées que j'espère mettre en application très vite. D'ici là, je reste active sur ce blog.
Merci à tous!


mardi 16 novembre 2010

Soutenance de thèse - 22 novembre 2010

Pour vous rendre à l'Amphi E3

Le résumé de mon travail de recherche
Cette recherche s’articule autour d'un objectif central, celui des apports éventuels de la relation aux animaux pour les enfants avec autisme. Pour répondre cette question complexe, nous avons rassemblé des compétences pluridisciplinaires (éthologie, psychologie, pédopsychiatrie) et utilisé leurs méthodologies : évaluation clinique, questionnaire, observation en condition habituelle et expérimentation. Nous avons aussi étudié un groupe contrôle d'enfants typiques pour une approche comparative. Nos résultats montrent que les enfants avec autisme sont sensibles à leur environnement social, leur développement langagier étant lié au niveau d'éducation de leurs parents. De plus, les animaux familiers pourraient être des partenaires "sociaux". Les interactions entre les enfants avec autisme et leurs animaux sont diverses, influencées par les caractéristiques des deux partenaires et de leur environnement. L'observation des interactions avec les chiens familiers révèle que les enfants, quelque soit leur diagnostic, ne différent pas dans leurs comportements tournés vers l'animal. Les chiens, quant à eux, semblent moins interagir avec les enfants avec autisme. En parallèle, notre méthode de la Strange Animal Situation, a permis l'étude des comportements de l'enfant face à un animal non familier. Il révèle l'existence de profils comportementaux généraux avec une continuité entre les comportements des enfants typiques et avec autisme. Dans cette situation, une partie des enfants avec autisme présente un biais attentionnel vers les êtres humains. Pour finir, nous avons montré un lien entre l'arrivée d'un animal dans une famille et l'amélioration de compétences sociales des enfants avec autisme. Via une approche pluridisciplinaire, cette recherche contribue à la compréhension des relations entre les enfants avec autisme et les animaux de compagnie, tout en donnant des pistes de réflexion pour les interventions assistées par l'animal.
Mots-clés: autisme, relation enfant-animal, interaction, approche pluridisciplinaire, intervention assistées par l'animal

lundi 27 septembre 2010

Résumé du travail de recheche

Ce vendredi 24 septembre, j'ai déposé mon manuscrit de thèse. Désormais, il est dans les mains des membres du jury afin d'être évalué. Je soutiendrai ce travail d'ici fin novembre à l'Université de Rennes 2. D'ici là, je vous propose de lire le résumé de mes 4 ans de travail.

Résumé
Cette recherche s’articule autour d'un objectif central, celui des apports éventuels de la relation aux animaux pour les enfants avec autisme. Pour répondre cette question complexe, nous avons rassemblé des compétences pluridisciplinaires (éthologie, psychologie, pédopsychiatrie) et utilisé leurs méthodologies : évaluation clinique, questionnaire, observation en condition habituelle et expérimentation. Nous avons aussi étudié un groupe contrôle d'enfants typiques pour une approche comparative. Nos résultats montrent que les enfants avec autisme sont sensibles à leur environnement social, leur développement langagier étant lié au niveau d'éducation de leurs parents. De plus, les animaux familiers pourraient être des partenaires "sociaux". Les interactions entre les enfants avec autisme et leurs animaux sont diverses, influencées par les caractéristiques des deux partenaires et de leur environnement. L'observation des interactions avec les chiens familiers révèle que les enfants, quelque soit leur diagnostic, ne différent pas dans leurs comportements tournés vers l'animal. Les chiens, quant à eux, semblent moins interagir avec les enfants avec autisme. En parallèle, notre méthode de la Strange Animal Situation, a permis l'étude des comportements de l'enfant face à un animal non familier. Il révèle l'existence de profils comportementaux généraux avec une continuité entre les comportements des enfants typiques et avec autisme. Dans cette situation, une partie des enfants avec autisme présente un biais attentionnel vers les êtres humains. Pour finir, nous avons montré un lien entre l'arrivée d'un animal dans une famille et l'amélioration de compétences sociales des enfants avec autisme. Via une approche pluridisciplinaire, cette recherche contribue à la compréhension des relations entre les enfants avec autisme et les animaux de compagnie, tout en donnant des pistes de réflexion pour les interventions assistées par l'animal.
Mots-clés: autisme, relation enfant-animal, interaction, approche pluridisciplinaire, intervention assistées par l'animal

Summary
The central aim of this research project was to evidence possible influences of relationships with animals on children with autistic disorders. To investigate this complex issue, we drew on multidisciplinary (ethological, psychological and child psychiatric) competences and used their different methodologies, i.e. clinical evaluation, questionnaires and observation under everyday and experimental conditions. I compared these data for children with autism to data for a control group of children developing typically. The results revealed that children with autism are receptive to their social environment, the development of their early language being correlated to their parents’ education. In addition, pets can be considered as ‘social’ partners. Interactions between children with autism and their pets are varied and are influenced at the same time by the characteristics of both partners and by their social environment. Observations of interactions with pet dogs revealed that diagnosis did not influence significantly the behaviour of children towards their dog. However, dogs seem to interact less with children with autism than with other children. At the same time, our method of the Strange Animal Situation, enabled me to study the behaviour of children encountering an unfamiliar animal. I could thus establish several general behavioural profiles stressing continuity between children developing typically and children with autism. In this experimental situation the attention of some children was biased towards human beings. Lastly, I found a link between the arrival of a pet in a family and the improvement of some of the social competences of children with autism. Thus by adopting a multidisciplinary approach, this thesis contributes to the understanding of relationships between children with autism and pets, and provides food for thought concerning animal-assisted interventions. 1
Key words: autism, animal-child relationships, interaction, multidisciplinary approach, animal-assisted intervention

jeudi 12 février 2009

Qu’est ce que la communication ?

Mon doctorat s’intéresse à la communication interespèces, c'est-à-dire entre espèces différentes. Mais avant de savoir et comprendre comment elles communiquent, il est bon de savoir ce qui se cache sous le terme de « communication ».

Le terme de communication est très souvent utilisé dans le langage courant ; il est notamment employé dans des domaines très différents (i.e. commercial, publicité, médias et sciences). La communication est donc un terme qui nous est très familier, mais dont la signification reste floue, mal définie.


Au sein même des sciences, de nombreux chercheurs se sont attelés à la définir. Sans pour autant vouloir en faire ici une liste exhaustive, il est bon de d’en avoir un aperçu :
1. Peut-on définir la communication comme le transfert d’information entre les membres d’une même espèce ?
Dans cette définition, la communication est définie par un autre concept (« information ») qui lui-même est assez mal déterminé. Donc, nous n’avons toujours pas plus de renseignements sur ce qu’est la communication. De plus, il est important de noter que la communication est possible entre individus d’espèces différentes. Nous pouvons citer le cas de deux espèces de singes qui partagent des codes communs de communication concernant les cris d’alarme. Et surtout, la communication que l’Homme peut établir avec les animaux domestiques (e.g. chien, chat).
2. Certains auteurs n’acceptent le terme de communication que pour les échanges linguistiques, est-ce valable ?
Le langage étant une caractéristique de la communication humaine, on ne peut alors plus parler de communication animale. Or, il a été clairement démontré que toutes les espèces animales (et même végétales) utilisent la communication, même sous des formes très basiques.
3. Alors, peut-on dire qu’il y a communication quand il y a interaction sociale ?
Cette définition est erronée par sa confusion entre « communication » et « interaction » entre un ou plusieurs individus.

Cette dernière tentative de définition pose deux questions essentielles pour comprendre ce qu’est la communication, à savoir :
(1) Qu'entend-on par interaction et communication ?
(2) Est-ce que ces deux termes désignent le même phénomène ?

Comme écrit ci-dessus, la plupart des organismes vivants s’influencent mutuellement par le biais de moyens acoustiques, visuels, chimiques ... On désigne cette influence mutuelle sous le terme d’interaction voire de communication.


Mais est ce que toutes les interactions peuvent être considérées comme de la communication ? Si nous nous plaçons au niveau de l’animal, il est clairement reconnu qu’ils interagissent avec le milieu physique. Ce milieu physique peut se caractériser par sa température, sa lumière…et surtout il influence le comportement des animaux (ex : déclanchement des périodes de reproduction de certains mammifères en fonction de la durée du jour). Mais pour autant, parleriez-vous de communication entre la lumière et l’animal ?

Ainsi, pour qu’il y ait interaction et/ou communication, il faut donc 3 pré requis:

1- un émetteur : un organisme qui produit un changement dans son environnement par le moyen d’une manifestation physiologique ou comportementale.
2- un receveur : tout organisme susceptible de capter le stimulus. Le phénomène le plus sûr témoignant de la réception du stimulus est l’existence d’une modification physiologique ou comportementale observable. Cette modification constitue la réponse.
3- une sortie d’énergie qui constitue le stimulus. Le stimulus peut provenir du monde physique (ex : lumière) ou d’organismes vivants. L’énergie est véhiculée par un canal qui peut être thermique, chimique, acoustique, visuel ou tactile. Plusieurs canaux peuvent être utilisés à la fois, on parle alors de multicanalité.

Mais alors, interaction ou communication ?
Le terme de communication est plus restrictif que celui d’interaction. On peut dire que deux animaux qui communiquent sont nécessairement en interaction, par contre toute interaction n’est pas nécessairement une communication. La limite entre ces deux notions n’est pas facile à placer précisément.


Pour aller plus loin :
Tavolga (1974) a effectué une comparaison des différents niveaux évolutifs qui coïncide avec les niveaux d’interaction. Cette étude permet de placer plus justement la limite entre communication et interaction.
Un de mes prochains messages sera consacré à la multicanalité de la communication.

lundi 29 septembre 2008

Publications

Septembre rime avec rentrée pour certains...et pour d'autres, comme moi, cela rime avec publication.

En effet, j'ai reçu une très bonne nouvelle, à savoir l'acceptation de ma publication sur mon travail de DEA en temps que 1er auteur. Nous avions réalisé un travail sur les dynamiques de communautés d'oiseaux marins, avec une collaboration avec la Grande Bretagne et le JNCC (joint nature conservation commitee). Ce projet m'a vraiment tenu à cœur et l'acceptation de ce papier en est un bel aboutissement. Il nous reste à relire la version avant édition pour les dernières corrections. A ce moment là, je vous ferai part du résumé et pour ceux qui sont intéressés, le papier en version électronique.

Et l'autre nouvelle est la soumission de mon 1er papier concernant mon doctorat, sur l'influence des parents dans le développement précoce du langage chez les enfants autistes. J'ai soumis ce papier à Plos One, qui est une revue qui monte, qui monte...Et désormais, j'attends de leurs nouvelles.

jeudi 24 avril 2008

Arrivée de compagnons

Pour la poursuite de ma recherche, les enfants autistes qui participeront à ma recherche seront mis en contact avec des animaux inconnus. Ces animaux seront préalablement socialisés dans des familles d'accueil.
Je vous laisse découvrir ces cochons d'Inde qui ont eu un succès fou au labo

mercredi 27 février 2008

Actualité de mon doctorat

Depuis la rentrée 2007, je suis entrée en contact avec plus de 200 familles avec qui j’ai pu aborder la relation entre leur enfant et les animaux domestiques qu’ils ont ou ont eu. Depuis le début de cette année, je dépouille donc ces données, dans le cadre de mon 1er axe de recherche (http://relationenfantanimal.blogspot.com/, sujet sur : mon projet de doctorat). Les 1ères pistes sont intéressantes et me permettront de cibler la suite de mes recherches sur le terrain.
En parallèle, j’étudie certains aspects du langage chez ces enfants qui seront peut être à l’origine d’une publication. Pour le moment, les résultats sont trop frais pour en dévoiler

vendredi 15 février 2008

Mon projet de doctorat

L’enfant autisme peut il récupérer des fonctions cognitives et sociales par le lien à l’animal ?

L'autisme est un syndrome clinique défini par un ensemble de troubles du comportement qui se manifeste sous la forme d'un déficit des interactions sociales et de la communication, généralement associés à des perturbations de traitement de l’information auditive (aire STS) qui pourraient expliquer en partie le retrait autistique (Gervais et al 2004). Cependant, chez l’animal, une privation sociale pendant le développement peut perturber le développement de l’aire auditive centrale primaire tout autant qu’une privation sensorielle, et un retrait social peut avoir le même impact qu’une séparation physique (Cousillas et al 2006 ; Hausberger & Gombert 2007). On s’interroge sur l’importance du retrait social sur le développement sensoriel chez les jeunes autistes : l’absence d’activation de l’aire STS est-elle la cause ou la conséquence du retrait social ?
Une étude récente a montré que l’Homme pouvait jouer le rôle de substitut social pour une autre espèce, particulièrement chez les individus en privation sociale (Rousseau et al soumis). Ce rôle est depuis longtemps mis en avant pour les animaux domestiques et apparait être crucial dans le développement cognitif et social des enfants, particulièrement ceux en difficultés sociales comme les enfants autistes. Dans de nombreux cas, les observations suggèrent en effet que ces enfants en présence d’animaux améliorent leur communication sociale. Bien que ces observations soient souvent rapportées, aucune étude scientifique n’a vraiment été menée sur ce sujet. Un réel besoin se fait sentir.
Ainsi, les buts de ce projet, s’articulant autour d’un travail de doctorat, sont donc de recueillir des informations sur différents points afin de :
1) faire un état des lieux le plus objectif possible sur la relation entre présence d’un animal et possible amélioration des compétences cognitives et sociales. Pour cela, deux cohortes différentes d’enfants autistes suivies longitudinalement vont être étudiées. L’évaluation régulière, sur le plan de la communication verbale, non verbale et au niveau des interactions sociales, a été effectuée avec différentes échelles (e.g. ADOS, ADI-R, et CARS). Le doctorant, suite à un entretien parental, évaluera 1) si des différences statistiques sont notables entre les familles ayant ou non un animal familier avec lequel l’enfant interagit, 2) si ces différences dépendent du type de lien établi, 3) si des modifications significatives de la communication et des interactions sociales peuvent être observées en relation avec l’arrivée de l’animal
2) connaître la nature de la relation entre l’enfant autiste et l’animal grâce à des observations de type éthologiques in situ et réalisées en tenant compte de tous les comportements de l’enfant (ex : impact possible de la présence de l’animal sur divers aspects comme la direction du regard)
3) évaluer les capacités des enfants autistes dans l’attribution d’états mentaux qui pourraient être différentes selon que l’enfant ait été ou non au contact d’un animal. On testera la théorie de l’esprit, que cela concerne l’enfant (l’échelle de Wellman et Liu 2004, traduite et adaptée par Deleau et Larzul, en préparation), ou l’intentionnalité de l’animal.
4) faire alors des propositions de remédiation, en ouverture à ce projet et en fonction des résultats obtenus. Des stratégies de remédiation possibles seront étudiées, utilisant potentiellement le lien à l’animal pour favoriser le développement des capacités sensorielles et sociales des enfants autistes.

jeudi 14 février 2008

Mon projet de doctorat : les équipes de recherches et les collaborations

Le déroulement du projet bénéficiera de la collaboration étroite, entre trois équipes scientifiques renommées internationalement dans leurs domaines : l’éthologie, la psychologie et la pédopsychiatrie, ainsi qu’une structure importante du point de vue des ressources : le CRA Bretagne. Il s’agit donc d’un projet interdisciplinaire, comportant trois facettes complémentaires : statistique, descriptive et expérimentale, dont je me trouve être la charnière.

Ethos, le laboratoire d’éthologie humaine et animale
Unité mixte de recherche du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l'Université de Rennes 1, elle est installée sur deux sites : le campus universitaire de Beaulieu et la station biologique de Paimpont.
Les travaux de l'UMR 6552 sont centrés sur l'étude du comportement, et particulièrement du comportement social, dans une dimension comparative et intégrative
Ma directrice de doctorat, Martine Hausberger, est aussi la directrice du laboratoire Ethos

Le LPDE, Le Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Éducation
Appartenant au Centre de Recherche en Psychologie, Cognition et Communication (CRPCC), il est installé sur le campus de Rennes 2 à Villejean.
Les travaux du LPDE sont centrés sur l’intentionnalité, les apprentissages, les résolutions de problèmes et le développement cognitif, ainsi que le développement socio-cognitif, et la représentation de soi et d’autrui. Des thèmes transversaux abordent le développement dans les situations de handicap (sensoriel, moteur, neurologique, mental, psychique).
Mon directeur de doctorat, Michel Deleau, est aussi le directeur du laboratoire LPDE

Service Hospitalo-universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent
Installé à Rennes, et outre les aspects prise en charge des patients, un pôle recherche se concentre sur les questions des troubles autistiques et des enfants surdoués.
Ma directrice de doctorat, Sylvie Tordjman, est aussi la directrice du Service Hospitalo-universitaire.

Centre de Ressources sur l'Autisme Bretagne et Pays de Loire
Appartenant au centre Hospitalier Universitaire de Brest, le CRA Bretagne et Pays de Loire se trouve sur le site de l’hôpital de Bohars.
Outre une partie prise en charge des enfants autistes fortement développée (consultation, rééducation, psychothérapie, etc.…), le CRA dispose de moyens pour effectuer des diagnostics précoces et des évaluations.
Notre correspondant au CRA est Eric Lemonnier.

Mon projet de doctorat : le financement

Commencé fin de l'année 2006, mon projet est financé par la Fondation Pierre et Adrienne Sommer, sous l'égide de la Fondation de France. Cette Fondation a trois missions principales:

- La relation Homme Enfant Animal
- L'action sociale et humanitaire
- La recherche médicale sur l'autisme et la maladie de Parkison

Dans ce cadre, mon projet s'est naturellement inscrit dans leurs actions. N'hésitez pas à vous rendre sur leur site qui regorge d'informations : http://www.fondation-apsommer.org/