On en parle...

Certains d'entre vous savent peut être que je tiens un blog qui recense offres d'emplois, stages, doctorat dans les disciplines autour de l'éthologie. Le blog commence à bien se faire connaitre et...on en parle sur la toile! Pour ceux qui veulent découvrir cet article, c'est par .
Reste maintenant à faire la même chose avec ce blog, parlant de la relation entre les Hommes et les Animaux! N'hésitez pas à le diffuser autour de vous!

Doctoriales de Bretagne 2009


Une petite pause dans ma recherche en tant que telle pour participer aux Doctoriales de Bretagne 2009 qui avaient lieu à St Malo cette année.

Contrairement à l'année 2008 où j'étais participante, j'ai pu faire partie du comité d'organisation avec 5 autres doctorants (Anthony Boigné, Périg Bouju, Nolwenn Denizot-Saget, André Catrou et Suzy Canivenc). Notre groupe de travail a œuvré pour l'amélioration de ce moment important des doctorants bretons en participant aux réunions, en proposant des innovations en terme de formation, de discours...

Outre ce rôle actif dans l'organisation, Roseline Le Squère m'a invitée comme intervenante pour la journée "projet professionnel et personnel" auprès de divers professionnels. J'ai pu apportér l'éclairage d'une doctorante sur cette thématique. Mon parcours depuis 3 ans m'a amenée à prendre conscience que je suis avant tout une jeune chercheur, que mon doctorat est une expérience professionnelle où je développe et acquière des compétences importantes et surtout transversales à différentes situations. En outre, j'ai fais passer le message qu'une thèse en vaut une autre (une discipline n'est pas plus importante qu'une autre) et que c'est à chaque doctorant de prendre en main son parcours en étant proactif, en mobilisant son réseau, en rencontrant de nouvelles personnes...Un des exemples cités est ce blog que vous lisez. Il a déjà provoqué des rencontres essentielles qui ont modifié mon parcours (en positif bien sûr).

Désormais, la session 2009 est finie et nous espérons qu'un nouveau groupe se forme pour donner une autre impulsion à l'édition 2010 qui sera organisée par l'Université de Rennes 2.

Le rôle des animaux de compagnie dans le développement émotionnel des enfants


La réflexion et l'étude de Triebenbacher en 1998 ("Pets as transitional objects : their role in children emotional development") permet une bonne approche du concept d'objet transitionnel au sujet des animaux de compagnie.

Cet objet transitionnel peut être compris dans l'étude de l'attachement mère-enfant. Il est clair que les êtres humains ont un besoin inné d'interactions sociales, notamment avec des personnes d'attachement (e.g. mère, père). Les comportements d'attachement (sourire, toucher...) indiquent un lien émotionnel entre un individu et l'objet de son attachement, que cet objet soit vivant ou inanimé. C'est d'ailleurs Winnicott (1953) qui est le premier à discuter le terme d'objet transitionnel dans le cas d'objets physiques non vivants (e.g. couverture, doudou...). Les enfants peuvent développer de forts attachements à ces objets. Ces derniers peuvent prendre la fonction de figure d'attachement supplémentaire (dans le cas d'activités passives; fatigue, stress, endormissement...) et donc avoir une fonction de compensation.

Alors, en quoi un animal de compagnie pourrait prendre cette fonction d'objet transitionnel? Outre les différents bénéfices connus de la relation à l'animal (e.g. support social), Robin & Ten Bensel (1985) rappellent le lien émotionnel et le désir de proximité entre les enfants et les animaux de compagnie qui est congruent avec le lien d'attachement avec les humains. De plus, cette relation peut être considérée comme "plus simple et moins compliquée que les relations humaines".

Le but de l'étude de Triebenbacher (1998) est d'étudier l'idée que les animaux de compagnie peuvent être des objets transitionnels. Elle cherche à identifier leur rôle dans le bien-être émotionnel des enfants. Pour cela, elle a interviewé 174 enfants de 3 à 11 ans (dont 70% ont des animaux à la maison).

Parmi les enfants qui ont des animaux, 98% d'entre-eux considèrent leurs animaux comme des membres de leur famille. Les enfants de 3 à 6 ans disent aimer leur personnalité et les plus âgés sont plus intéressés par les activités à partager (e.g. jeux). Cette affection passent par deux volets: le toucher (caresse, baiser...) et la prise de responsabilité (nourrissage, brossage...). 99% des enfants pensent que l'affection est réciproque et que leurs animaux de compagnie les aiment car ils vocalisent (pour les 3-6ans) et ils partagent leurs jeux (pour les >6ans). Enfin, 77% des enfants évoquent un manque quand ils sont loin de leurs animaux de compagnie.

Parmi les enfants qui n'ont pas d'animaux, une majorité d'entre-eux en voudrait un. Le 1er choix se porte principalement sur un chien, avec une idée précise de sa race, sa couleur et même son nom. Cette envie d'animaux de compagnie est liée aux jeux, aux soins et l'amour.

Pour conclure, cette étude montre que dès le plus jeune âge, les enfants peuvent parler de la relation avec les animaux de compagnie avec un aspect émotionnel Les résultats appuyent l'hypothèse que les animaux de compagnie peuvent avoir des fonctions similaires à des objets transitionnels, notamment par la recherche de contacts physiques, de comportements d'attachement et autres comportements rituels. Attention, ils ne remplacent pas une figure d'attachement mais ils sont plus des compléments dans la vie des enfants. Cette étude ouvre une nouvelle dimension de la compréhension du rôle des animaux de compagnie dans la vie des enfants et plus largement de la relation Homme-Animal. Il est nécessaire d'examiner les animaux de compagnie dans le contexte du système familial pour une meilleure compréhension.




A la découverte du lien Homme-Animal dans la rue

En ce mois de novembre 2009, Science Ouest consacre un article a une recherche menée par des sociologues sur le lien qui se développe entre les "sans domicile fixe" et leurs chiens. Le Télégramme avait lui aussi abordé ce sujet de société en avril dernier.
Ces chiens sont des compagnons de vie, source de lien social pour ces personnes hors de la société. La présence de cet animal leur donne un crédit auprès des passants, plus enclin alors à donner de l'argent pour les soutenir. Une nouvelle recherche va être mise en place pour mieux comprendre ces couples atypiques qui vivent en abord des gares.
A découvrir d'urgence...

Lauréats du concours sur le thème de la médiation animale


Je vous avais parlé de ce concours il y a maintenant un mois et demi. Il est désormais clos et la Fondation Sommer, à l'aide de 8 jurys professionnels (dont j'avais l'honneur de faire partie) a récompensé

- Mlle GARCIA Isabelle, diplômée d'Etat Assistante de service social de l'IRTS de Basse-Normandie pour son travail : L'insertion par le logement des personnes SDF : "jamais sans mon chien"

- Mlle GIANELLI Laëtitia, diplômée d'Etat d'éducateur spécialisé, de l'IRTS d'Aquitaine pour son travail : Un détour pour une rencontre... Autisme et médiation animale

Elles ont reçu leur prix le 26 octobre à la Fondation, en compagnie de M. Courtois président de la Fondation, Mme Simon, membre du jury, M. Albrecht directeur de la Fondation.



Déficits de l’attention sociale dans les troubles autistiques : orientation préférentielle vers les humains et les animaux

La cognition sociale chez les humains n’est pas seulement l’application des compétences cognitives générales à la perception sociales et aux comportements sociaux. Elle est plutôt un reflet de l’opération de processus spécialisés et distincts (Adolphs 2006, Saxe et al 2006). On peut citer, par exemple, les comportements réflexes du suivi du regard présents dès l’âge de 6 mois de vie (Frischen et al 2007 ; Hamlin et al 2007).

Quelles sont alors les particularités dans le spectre des troubles de l’autisme ? Dans les troubles autistiques, la perception sociale et l’attention sont altérées, concernant notamment la vision. Ces anormalités visuelles sont aussi bien générales que spécifiques au domaine social. Dans ce dernier cas, les chercheurs ont pu observer (1) une attention réduite aux visages, (2) une discrimination faible de l’identité faciale, (3) moins de fixation de la zone des yeux et (4) moins de contacts visuels, souvent anormaux. Selon Baron Cohen et al (1997), les personnes souffrant de troubles autistiques ont des problèmes d’interprétation du « langage des yeux ».

Les connaissances étant encore fragmentaires sur ces altérations, New et al (2009) se sont intéressés à la perception visuelles de l’animé en 2 catégories : « animé » (les gens et les animaux) versus « inanimés » (les objets et les plantes). En effet, cette différenciation se passe de façon précoce dans le développement (e.g. Gelman 1990), associée typiquement à un haut niveau de fonctionnement cognitif. Des études récentes suggèrent que cette distinction influence la distribution de l’attention, compétence altérée dans les troubles autistiques.

L’équipe de New a utilisé le paradigme de la « détection du changement », c'est-à-dire à quelle catégorie les sujets vont-ils donner la priorité. Pour cela, on fait observer deux scènes statiques quasiment identiques où le sujet devra cliquer (à l’aide d’une souris) sur la zone qui a été modifiée. Les éléments modifiés sont donc de différentes catégories : « animé » (les gens et les animaux) versus « inanimés » (les objets et les plantes). 31 enfants et adultes avec troubles autistiques ont été comparés avec 15 individus au développement typique.

Le résultat central est que les individus avec troubles autistiques – malgré leurs altérations sociales – montrent un biais attentionnel social robuste pour la catégorie « animé » en détectant les changements dans les images plus rapidement (même magnitude que les individus « contrôle »). Ainsi, les sujets avec troubles autistiques semblent plus orientés vers le « social » (humain, animal) que le « non social » (objet, plante).

Les auteurs émettent la possibilité que l’attention sociale n’est pas un phénomène unitaire puisque la priorité donnée à la catégorie « animé » est intacte. Néanmoins, il est nécessaire de souligner que, même si les individus avec troubles autistiques s’orientent vers le social de la même façon que ceux au développement typique, les indices utilisés peuvent être différents. Désormais, cette équipe va explorer ces mêmes données mais sur la base de vidéos (indices dynamiques et non plus statiques) et en condition naturelle.

Cette étude me semble essentielle d’un point de vue de la relation Animal - Homme avec troubles autistiques. En effet, il ne semble pas avoir d’altération dans l’attirance vers l’ «animé» et donc les animaux, permettant une communication – certainement différente – entre eux et certainement la mise en place d’une relation.

New, J. J., Schultz, R. T., Wolf, J., Niehaus, J. L., Klin, A., & Scholl, B. J. (2008). The scope of social attention deficits in autism: Prioritized orienting to people and animals in static natural scenes [Abstract]. Journal of Vision, 8(6):684, 684a

La Fondation Sommer encourage les actions autour des thérapies assistées par l'animal

Pour promouvoir les activités de médiation animale et encourager ce type d’initiatives, la Fondation Adrienne et Pierre Sommer a décidé de lancer un concours en 2009 pour attribuer des prix aux étudiants du secteur social qui auront traité de ce sujet dans leurs mémoires de fin d’étude.


Les mémoires devront porter sur les domaines suivants :

• médiation animale auprès des populations handicapées (tous handicaps) et/ou personnes âgées,

• médiation animale auprès de publics en difficultés (sans domicile fixe, protection Judiciaire de la jeunesse, en prison, aide sociale à l’enfance…),

• activités associant l’animal en ou hors institutions : aspects réglementaires et/ou juridiques.

Le concours s’adresse, plus particulièrement, aux étudiants en formation en IRTS ou en écoles de travailleurs sociaux dont la soutenance de fin d’étude a eu lieu en 2009, et dont la note de mémoire est égale ou supérieure à 3/5 (ou 14/20) pour le système de nouvelle notation.

Les trois lauréats recevront un prix de 800 euros.

ATTENTION: la date limite d’envoi des mémoires est fixée au 30 septembre 2009.



IEC 2009

A quelques jours du début de la conférence, le laboratoire fourmille. La presse s'intéresse à l'événement comme vous pourrez le voir sur maville.com.
Au plaisir de vous retrouver à la rentrée plus active ici.

Un bon moyen de s'initier aux études faites sur les thérapies assistées par l'animal

La Fondation Sommer qui a soutenu mon projet de recherche, s'intéresse notamment aux activités associant l'animal. D'autres recherches ont été soutenues, notamment l'inventaire critique - mené par le laboratoire MODYS* - des études concernant les thérapies assistées par l'animal. La Fondation met gratuitement en ligne les résumés traduits de l'inventaire critique en cliquant ici.
Un bon moyen de faire le tour des études existantes...
*Mondes et Dynamiques des Sociétés (MO.DY.S), laboratoire du CNRS

Comment un enfant approche un animal qu'il ne connait pas?

Voilà la grande question auquel je vais essayer de répondre, du moins, en partie, lors du colloque Multimod 2009, Multimodalité de la communication chez l’enfant : gestes, émotions, langage et cognition. Il accueille les plus grands comme vous pourrez le découvrir sur le programme.
J'avais parlé il y a quelques temps de cet événement international ayant lieu à Toulouse auquel je vais participé. Avant de présenter les résultats obtenus avec les enfants souffrant d'autisme, je donnerai les clés sur l'approche d'un animal inconnu, à savoir un cochon d'Inde, par des enfants typiques de 6 à 12 ans. Cette étude me servira à mieux caractériser les comportements des enfants autistes et ainsi avoir des données quantitatives qui font encore défaut dans ce domaine de recherche.
Une publication étant en cours d'écriture, je ne peux vous en dévoiler plus pour l'instant. Mais je ne manquerai pas de vous informer...