mardi 24 février 2009

Congrès à venir – Multimod 2009 (Toulouse)

Le congrès international Multimod 2009 est organisé conjointement par des psychologues et des linguistes des Universités de Toulouse 2 et de Grenoble 3. Il aura lieu à l’Université de Toulouse 2 du 9 au 11 juillet 2009.

L’objectif de ce colloque international est de faire un bilan des connaissances et des travaux relatifs aux théories, concepts et méthodes qui concernent la multimodalité de la communication chez l’enfant. Pendant longtemps en effet, les chercheurs qui se sont intéressés à l’acquisition du langage ont totalement délaissé les modalités non verbales de communication pour considérer que l’enfant passait d’une communication gestuelle au langage verbal. Depuis les travaux réalisés chez l’adulte (e.g. McNeill 1992 ; Kendon 2004), on considère maintenant non seulement que la communication est multimodale mais que l’enfant commence par interagir avec autrui en faisant des gestes et avec des mimiques faciales émotionnelles. En grandissant, l’enfant va accroître le répertoire de ses modalités communicatives (gestes co-verbaux, gestes pouvant se substituer au langage etc.) qu’il va pouvoir combiner ou non avec le langage verbal. Si les débuts de l’acquisition sont actuellement assez bien connus (e.g. Capirci & Volterra; Guidetti 2003), des travaux manquent encore pour nous permettre d’apprécier toute la complexité de la multimodalité de la communication chez l’enfant plus grand, notamment à l’âge scolaire.

L’objectif de cette conférence internationale est donc de faire un bilan actuel sur ces questions, en abordant le développement de la communication à la fois dans ses aspects normaux et pathologiques, mais également dans une perspective comparative culturelle et cross-linguistique.

Lors de ce congrès international, de grands chercheurs comme S. Goldin-Meadow, J. Iverson, P. Harris, ou encore G. Doherty-Sneddon interviendront.

Lors d’une présentation orale, j’aurais l’occasion d’y exposer une partie des mes travaux intitulés : Diversité d’approches et d’interactions utilisées par les enfants de 6 à 12 ans face à un animal inconnu.


mercredi 18 février 2009

Congrès à venir - IRIA 2009

Le CHRU de Tours, l'INSERM et l'Université François Rabelais de Tours organisent une conférence internationale dont l’objectif est de développer une réflexion autour de la physiopathologie de l’autisme à partir de la confrontation de données issues de champs scientifiques variés, et de présenter les nouvelles avancées de la recherche dans le domaine de l’autisme, du 15 au 17 avril 2009 à Tours. L’IRIA 2009 (Innovative Research In Autism 2009) est une conférence qui devrait réunir environ 300 scientifiques français et étrangers spécialistes de l’autisme. Au cours de 5 conférences plénières données en duo, chacun des domaines sera présenté d’une part par un expert international sur les aspects fondamentaux du domaine et d’autre part par un expert international dans le domaine de l’autisme. Les 10 symposiums prévus permettront de faire le point sur les aspects les plus récents et pointus de la recherche. Deux séances de 150 posters permettront aux participants du congrès de présenter les dernières recherches en cours.

D’ailleurs, c’est à l’occasion d’une des sessions Poster que je présenterai le mien intitulé « Environmental factors influence language development in children with Autism Spectrum Disorders ». Je vous ferais un retour de ce colloque et de l’impact qu’aura eu mon travail.
Pour plus d’informations : http://www.iria2009-tours.fr

jeudi 12 février 2009

Qu’est ce que la communication ?

Mon doctorat s’intéresse à la communication interespèces, c'est-à-dire entre espèces différentes. Mais avant de savoir et comprendre comment elles communiquent, il est bon de savoir ce qui se cache sous le terme de « communication ».

Le terme de communication est très souvent utilisé dans le langage courant ; il est notamment employé dans des domaines très différents (i.e. commercial, publicité, médias et sciences). La communication est donc un terme qui nous est très familier, mais dont la signification reste floue, mal définie.


Au sein même des sciences, de nombreux chercheurs se sont attelés à la définir. Sans pour autant vouloir en faire ici une liste exhaustive, il est bon de d’en avoir un aperçu :
1. Peut-on définir la communication comme le transfert d’information entre les membres d’une même espèce ?
Dans cette définition, la communication est définie par un autre concept (« information ») qui lui-même est assez mal déterminé. Donc, nous n’avons toujours pas plus de renseignements sur ce qu’est la communication. De plus, il est important de noter que la communication est possible entre individus d’espèces différentes. Nous pouvons citer le cas de deux espèces de singes qui partagent des codes communs de communication concernant les cris d’alarme. Et surtout, la communication que l’Homme peut établir avec les animaux domestiques (e.g. chien, chat).
2. Certains auteurs n’acceptent le terme de communication que pour les échanges linguistiques, est-ce valable ?
Le langage étant une caractéristique de la communication humaine, on ne peut alors plus parler de communication animale. Or, il a été clairement démontré que toutes les espèces animales (et même végétales) utilisent la communication, même sous des formes très basiques.
3. Alors, peut-on dire qu’il y a communication quand il y a interaction sociale ?
Cette définition est erronée par sa confusion entre « communication » et « interaction » entre un ou plusieurs individus.

Cette dernière tentative de définition pose deux questions essentielles pour comprendre ce qu’est la communication, à savoir :
(1) Qu'entend-on par interaction et communication ?
(2) Est-ce que ces deux termes désignent le même phénomène ?

Comme écrit ci-dessus, la plupart des organismes vivants s’influencent mutuellement par le biais de moyens acoustiques, visuels, chimiques ... On désigne cette influence mutuelle sous le terme d’interaction voire de communication.


Mais est ce que toutes les interactions peuvent être considérées comme de la communication ? Si nous nous plaçons au niveau de l’animal, il est clairement reconnu qu’ils interagissent avec le milieu physique. Ce milieu physique peut se caractériser par sa température, sa lumière…et surtout il influence le comportement des animaux (ex : déclanchement des périodes de reproduction de certains mammifères en fonction de la durée du jour). Mais pour autant, parleriez-vous de communication entre la lumière et l’animal ?

Ainsi, pour qu’il y ait interaction et/ou communication, il faut donc 3 pré requis:

1- un émetteur : un organisme qui produit un changement dans son environnement par le moyen d’une manifestation physiologique ou comportementale.
2- un receveur : tout organisme susceptible de capter le stimulus. Le phénomène le plus sûr témoignant de la réception du stimulus est l’existence d’une modification physiologique ou comportementale observable. Cette modification constitue la réponse.
3- une sortie d’énergie qui constitue le stimulus. Le stimulus peut provenir du monde physique (ex : lumière) ou d’organismes vivants. L’énergie est véhiculée par un canal qui peut être thermique, chimique, acoustique, visuel ou tactile. Plusieurs canaux peuvent être utilisés à la fois, on parle alors de multicanalité.

Mais alors, interaction ou communication ?
Le terme de communication est plus restrictif que celui d’interaction. On peut dire que deux animaux qui communiquent sont nécessairement en interaction, par contre toute interaction n’est pas nécessairement une communication. La limite entre ces deux notions n’est pas facile à placer précisément.


Pour aller plus loin :
Tavolga (1974) a effectué une comparaison des différents niveaux évolutifs qui coïncide avec les niveaux d’interaction. Cette étude permet de placer plus justement la limite entre communication et interaction.
Un de mes prochains messages sera consacré à la multicanalité de la communication.

dimanche 1 février 2009

17eme congrès européen de psychiatrie


Dans le cadre du 17ème congrès de psychiatrie à Lisbonne (17th EPA European Congress of Psychiatry "New diagnostic approches in psychiatry : relevance for research and pratice in Europe), j'ai pu présenter mes premiers travaux ayant trait aux entretiens parentaux que j'ai passé il y a un an maintenant. Ce travail a recueilli un très bon accueil au sein de la communauté des médecins présents.
Ce poster résume ici les résultats préliminaires des relations entre les enfants autistes et les animaux domestiques - chat et chien - rapportés par les parents (téléchargeable en cliquant sur l'image).

Les parents rapportent différents points:
- avec les chats, les enfants - quelque soit leur âge - ont significativement des interactions tactiles et visuelles, et jouent avec eux
- avec les chiens, les enfants - quelque soit leur âge - ont significativement des interactions tactiles et visuelles, et passent du temps ensemble (peu importe l'activité)
- globalement, les parents rapportent que les enfants - quelque soit leur âge - ne nourrissent pas ces deux espèces, et ne promènent pas le chien de la famille. Cela interroge sur la cause de cette absence d'interaction (volontaire de la part de l'enfant ou imposée par les parents).

Différents facteurs semblent moduler la présence ou l'absence de certaines interactions, comme :
- l'âge de l'enfant (ex : interactions tactiles comme des caresses surtout présentes chez les enfants de 6 à 12 ans avec leur chat)
- pour qui l'animal a été adopté (ex: un chien adopté spécialement pour l'enfant autiste sera un chien avec qui l'enfant passera du temps)
- les caractéristiques de l'animal (ex : un grand chien - de plus de 25 kg - est plus susceptible d'être touché par l'enfant autiste, quelque soit son âge)

En conséquence, nous pensons que de tels facteurs devraient être pris en compte au moment de l'adoption d'un animal dans une famille.

Ceci reste un travail exploratoire dont des résultats plus détaillés seront diffusés ultérieurement.