lundi 30 mars 2009

Un dialogue entre les hommes et les animaux ? jeudi 2 avril 2009

Le Séminaire des Jeunes Chercheurs (SJC) en sciences humaines et sociales s’adresse aux doctorants ou étudiants de Master qui se destinent à la recherche. Plus généralement, il accueille tous ceux qui sont désireux de se tenir au courant de l’actualité scientifique de l'UPJV. Il est comptabilisé au titre des modules de formation du doctorat.

Sa spécificité ? Être organisé par les doctorants pour les doctorants.
Son objectif ? Faire se rencontrer, sur un mode stimulant d'échange et de confrontation, les acteurs de la jeune recherche picarde.

Chaque séance, mensuelle, est consacrée à un thème propre à réunir des doctorants travaillant dans des disciplines différentes. Au mois d'avril, ce séminaire accueille, ainsi que Marion Vicart sur le thème de la relation Homme Animal.

Le programme est le suivant....

Marion Vicart (EHESS-UPJV) : "Petit exercice de 'phénoménographie' pour les chiens"

L'homme et le chien vivent depuis des siècles une relation exceptionnelle couramment désignée de "relation de compagnie". Sur le plan évolutif, cette proximité interspécifique a fait naître chez le chien des caractéristiques sociocognitives spécifiques lui faisant tenir une place singulière dans la société des hommes. Notre travail de thèse, actuellement en cours, s'intéresse ainsi au chien, plus précisément à ses modes d'être, d'agir et d'exister en situations de vie quotidienne. C'est pourquoi, pour accueillir l'animal en sciences sociales, nous avons dû aménager un accès méthodologique adapté qui ne soit pas d'emblée conçu comme une architecture visant uniquement la connaissance des hommes. Parce qu'elle permet de faire tenir côte à côte l'homme et le chien dans les descriptions et qu'elle rend possible l'analyse comparative de ces deux présences, la phénoménographie est, selon nous, une ces voies d'accès vers l'équité. Nous en présenterons, dans un premier temps, les points essentiels. Puis, il s'agira d'adopter une perspective plus "empirique". Quelles différences et/ou similitude y a-t-il entre les manières d'être chien et celles d'être humain? L'homme et le chien partagent-ils des modalités d'existence en commun? A travers l'analyse photographique de quelques situations de vie quotidienne, nous examinerons ces questions dont l'objectif est de mieux comprendre comment se conjugue le verbe "être" aux modes humain et canin.


Marine Grandgeorge (Rennes 1) : "L'enfant autiste peut-il récupérer des fonctions cognitives et sociales par le lien à l'animal?"

L'autisme est un syndrome clinique défini par un ensemble de troubles du comportement qui se manifestent sous la forme d'un déficit des interactions sociales et de la communication, généralement associés à des perturbations de traitement de l'information auditive (aire STS) qui pourraient expliquer en partie le retrait autistique (Gervais et al 2004). Cependant, chez l'animal, une privation sociale pendant le développement peut perturber le développement de l'aire auditive centrale primaire tout autant qu'une privation sensorielle. De plus, un retrait social peut avoir le même impact qu'une séparation physique (Cousillas et al 2006; Hausberger & Gombert 2007). On s'interroge sur l'importance du retrait social sur le développement sensoriel chez les jeunes autistes: l'absence d'activation de l'aire STS est-elle la cause ou la conséquence du retrait social?
Une étude récente a montré que l'Homme pouvait jouer le rôle de substitut social pour une autre espèce, particulièrement chez les individus en privation social (Rousseau et al soumis). Ce rôle est depuis longtemps mis en avant pour les animaux domestiques et apparaît être crucial dans le développement cognitif et social des enfants, particulièrement ceux en difficultés sociales comme les enfants autistes. Dans de nombreux cas, les observations suggèrent en effet que ces enfants en présence d'animaux améliorent leur communication sociale. Bien que ces observations soient souvent rapportées, aucune étude scientifique n'a vraiment été menée sur ce sujet. Un réel besoin se fait sentir.
Ainsi, les buts de ce projet de recherche, s'articulant autour de mon travail de doctorat, sont donc de recueillir des informations sur différents points afin de comprendre (1) quelle influence l'environnement social peut avoir dans le développement de l'enfant autiste, (2) comment se met en place et se développe une relation entre l'enfant et l'animal, (3) quels sont les canaux sensoriels privilégiés, et (4) si des améliorations cognitives et sociales sont possibles.

mercredi 25 mars 2009

Point presse


Le magazine déclic est consacré à l'information pour mieux vivre le handicap en famille. Le site Internet complète bien cette revue mensuelle. Dans l'édition de mars-avril 2009, un article est consacré aux enfants autistes et au chien. A cette occasion, j'ai pu intervenir sur un petit encart et conseiller Isabelle Malo dans la rédaction du texte.
Pour télécharger l'article entier, cliquer ici


mercredi 4 mars 2009

Animaux : pourquoi ils nous font du bien ?

Nicolas Guéguen, enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’Université de Bretagne Sud propose dans le magazine Cerveau & Psycho une revue bibliographique sur nos compagnons qui nous font du bien. Nous retrouvons :
Les poissons qui semblent être bons pour le moral et l’appétit
Ces études ont été faites avec des personnes du 3ème âge en institut qui, après 16 semaines de présence d’un aquarium dans le réfectoire, ont significativement pris du poids et ont une meilleure santé. Les poissons seraient d’une part un apaisement mais aussi une stimulation de l’attention. Ce dernier point pourrait être important pour les personnes souffrant de troubles de l’attention, comme les enfants ou adultes autistes.
Les petits animaux qui initient les rencontrent
Dans un parc, en présence d’un lapin ou d’une tortue (moins efficace), la personne est facilement abordée, que cela soit par des hommes, des femmes ou des enfants. Selon les psychologues, plusieurs mécanismes entrent en jeu comme l’impression positive que l’on a d’une personne qui s’occupe d’un animal. L’animal servirait aussi de prétexte pour initier la conversation car la phrase d’amorçage est toujours la plus difficile entre inconnus.
Les oiseaux qui initient l’entraide et l’esprit de responsabilité
Comme pour les poissons, des observations ont été réalisées auprès de personnes du 3ème âge en institut. Certains se sont vues confier des perruches ; après un certain temps, elles sourient plus et cherchent davantage de relations sociales. Les chercheurs ont comparé ces personnes à d’autres qui s’étaient vues confiées des plantes vertes ou qui n’avaient aucune responsabilité. Justement, c’est cette prise de responsabilité des oiseaux qui semblent bénéfiques pour les personnes âgées puisqu’elles se sentent utiles.
Les chevaux qui sont utilisés comme partenaires thérapeutiques
Certaines expériences ont mis en évidence que des patients dépressifs, schizophrènes…participant à des séances d’équitation développent plus de verbalisations, vont plus à la rencontre d’autrui et surtout, ont une estime de soi qui s’améliore. Pour les patients aux problèmes moteurs, le cheval devient aussi une stimulation motrice en tant que surface corporelle dynamique.
Les chats qui apaisent le stress et favorisent les relations sociales
Dans une situation de stress (calcul mental compliqué), la présence du chat permet une baisse plus importante du stress que si le sujet est accompagné de son conjoint (sa conjointe) ou un(e) ami(e). L’absence de jugement de l’animal si le sujet se trompe permet certainement un relâchement plus important. Concernant les relations sociales, une personne en portant son chat dans des lieux publics (ex : bus) attire plus les regards (83% des gens contre 31% pour la situation identique sans chat), reçoit plus de sourires et permet l’initiation de conversation (aucune n’est initiée en l’absence du chat). L’animal, ici un chat, semble un lubrifiant social, comme l’est aussi le chien.
Et les chiens sont sources d’amour, de santé et de nuits tranquilles
Le chien est un concentré de bien être si on en croit ces différentes études abordées. Il aurait un effet apaisant sur le système nerveux et cardiaque. Avoir un chien et le promener régulièrement confèrent aux propriétaires une meilleure santé générale. Non seulement le chien a un impact sur le long terme, mais aussi sur le court terme : il aide les enfants à surmonter les situations angoissantes (ex : chez le dentiste). Enfin, le chien est un lubrifiant social, en rendant la drague plus facile. Un jeune homme réussi à avoir plus de numéro de jeunes femmes en présence de son chien qu’en son absence. Et le chien aussi attire plus autrui qui initient des discussions avec son propriétaire (comme pour le lapin ou la tortue).
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