mercredi 27 février 2008

Actualité de mon doctorat

Depuis la rentrée 2007, je suis entrée en contact avec plus de 200 familles avec qui j’ai pu aborder la relation entre leur enfant et les animaux domestiques qu’ils ont ou ont eu. Depuis le début de cette année, je dépouille donc ces données, dans le cadre de mon 1er axe de recherche (http://relationenfantanimal.blogspot.com/, sujet sur : mon projet de doctorat). Les 1ères pistes sont intéressantes et me permettront de cibler la suite de mes recherches sur le terrain.
En parallèle, j’étudie certains aspects du langage chez ces enfants qui seront peut être à l’origine d’une publication. Pour le moment, les résultats sont trop frais pour en dévoiler

vendredi 15 février 2008

Mon projet de doctorat

L’enfant autisme peut il récupérer des fonctions cognitives et sociales par le lien à l’animal ?

L'autisme est un syndrome clinique défini par un ensemble de troubles du comportement qui se manifeste sous la forme d'un déficit des interactions sociales et de la communication, généralement associés à des perturbations de traitement de l’information auditive (aire STS) qui pourraient expliquer en partie le retrait autistique (Gervais et al 2004). Cependant, chez l’animal, une privation sociale pendant le développement peut perturber le développement de l’aire auditive centrale primaire tout autant qu’une privation sensorielle, et un retrait social peut avoir le même impact qu’une séparation physique (Cousillas et al 2006 ; Hausberger & Gombert 2007). On s’interroge sur l’importance du retrait social sur le développement sensoriel chez les jeunes autistes : l’absence d’activation de l’aire STS est-elle la cause ou la conséquence du retrait social ?
Une étude récente a montré que l’Homme pouvait jouer le rôle de substitut social pour une autre espèce, particulièrement chez les individus en privation sociale (Rousseau et al soumis). Ce rôle est depuis longtemps mis en avant pour les animaux domestiques et apparait être crucial dans le développement cognitif et social des enfants, particulièrement ceux en difficultés sociales comme les enfants autistes. Dans de nombreux cas, les observations suggèrent en effet que ces enfants en présence d’animaux améliorent leur communication sociale. Bien que ces observations soient souvent rapportées, aucune étude scientifique n’a vraiment été menée sur ce sujet. Un réel besoin se fait sentir.
Ainsi, les buts de ce projet, s’articulant autour d’un travail de doctorat, sont donc de recueillir des informations sur différents points afin de :
1) faire un état des lieux le plus objectif possible sur la relation entre présence d’un animal et possible amélioration des compétences cognitives et sociales. Pour cela, deux cohortes différentes d’enfants autistes suivies longitudinalement vont être étudiées. L’évaluation régulière, sur le plan de la communication verbale, non verbale et au niveau des interactions sociales, a été effectuée avec différentes échelles (e.g. ADOS, ADI-R, et CARS). Le doctorant, suite à un entretien parental, évaluera 1) si des différences statistiques sont notables entre les familles ayant ou non un animal familier avec lequel l’enfant interagit, 2) si ces différences dépendent du type de lien établi, 3) si des modifications significatives de la communication et des interactions sociales peuvent être observées en relation avec l’arrivée de l’animal
2) connaître la nature de la relation entre l’enfant autiste et l’animal grâce à des observations de type éthologiques in situ et réalisées en tenant compte de tous les comportements de l’enfant (ex : impact possible de la présence de l’animal sur divers aspects comme la direction du regard)
3) évaluer les capacités des enfants autistes dans l’attribution d’états mentaux qui pourraient être différentes selon que l’enfant ait été ou non au contact d’un animal. On testera la théorie de l’esprit, que cela concerne l’enfant (l’échelle de Wellman et Liu 2004, traduite et adaptée par Deleau et Larzul, en préparation), ou l’intentionnalité de l’animal.
4) faire alors des propositions de remédiation, en ouverture à ce projet et en fonction des résultats obtenus. Des stratégies de remédiation possibles seront étudiées, utilisant potentiellement le lien à l’animal pour favoriser le développement des capacités sensorielles et sociales des enfants autistes.

jeudi 14 février 2008

Mon projet de doctorat : les équipes de recherches et les collaborations

Le déroulement du projet bénéficiera de la collaboration étroite, entre trois équipes scientifiques renommées internationalement dans leurs domaines : l’éthologie, la psychologie et la pédopsychiatrie, ainsi qu’une structure importante du point de vue des ressources : le CRA Bretagne. Il s’agit donc d’un projet interdisciplinaire, comportant trois facettes complémentaires : statistique, descriptive et expérimentale, dont je me trouve être la charnière.

Ethos, le laboratoire d’éthologie humaine et animale
Unité mixte de recherche du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l'Université de Rennes 1, elle est installée sur deux sites : le campus universitaire de Beaulieu et la station biologique de Paimpont.
Les travaux de l'UMR 6552 sont centrés sur l'étude du comportement, et particulièrement du comportement social, dans une dimension comparative et intégrative
Ma directrice de doctorat, Martine Hausberger, est aussi la directrice du laboratoire Ethos

Le LPDE, Le Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Éducation
Appartenant au Centre de Recherche en Psychologie, Cognition et Communication (CRPCC), il est installé sur le campus de Rennes 2 à Villejean.
Les travaux du LPDE sont centrés sur l’intentionnalité, les apprentissages, les résolutions de problèmes et le développement cognitif, ainsi que le développement socio-cognitif, et la représentation de soi et d’autrui. Des thèmes transversaux abordent le développement dans les situations de handicap (sensoriel, moteur, neurologique, mental, psychique).
Mon directeur de doctorat, Michel Deleau, est aussi le directeur du laboratoire LPDE

Service Hospitalo-universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent
Installé à Rennes, et outre les aspects prise en charge des patients, un pôle recherche se concentre sur les questions des troubles autistiques et des enfants surdoués.
Ma directrice de doctorat, Sylvie Tordjman, est aussi la directrice du Service Hospitalo-universitaire.

Centre de Ressources sur l'Autisme Bretagne et Pays de Loire
Appartenant au centre Hospitalier Universitaire de Brest, le CRA Bretagne et Pays de Loire se trouve sur le site de l’hôpital de Bohars.
Outre une partie prise en charge des enfants autistes fortement développée (consultation, rééducation, psychothérapie, etc.…), le CRA dispose de moyens pour effectuer des diagnostics précoces et des évaluations.
Notre correspondant au CRA est Eric Lemonnier.

Mon projet de doctorat : le financement

Commencé fin de l'année 2006, mon projet est financé par la Fondation Pierre et Adrienne Sommer, sous l'égide de la Fondation de France. Cette Fondation a trois missions principales:

- La relation Homme Enfant Animal
- L'action sociale et humanitaire
- La recherche médicale sur l'autisme et la maladie de Parkison

Dans ce cadre, mon projet s'est naturellement inscrit dans leurs actions. N'hésitez pas à vous rendre sur leur site qui regorge d'informations : http://www.fondation-apsommer.org/