Des animaux et des familles


La Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique organise...


COLLOQUE NATIONEL DE LA SOCIETE FRANCAISE DE THERAPIE FAMILIALE PSYCHANALYTIQUE LYON, FRANCE, 6-7 JUIN 2009


Des animaux et des familles


Destins de l’animal familier dans l’imaginaire sociétal et en thérapie familiale psychanalytique

"De tout temps, l’animal et l’humain se sont liés dans un compagnonnage autour d’activités de travail et de survie, mais aussi dans des rencontres émotionnelles et affectives dont témoigne l’accroissement du nombre d’animaux familiers auprès d’humains vivant seuls, voire en errance, aussi bien que dans les familles. Ces journées seront l’occasion de réfléchir aux statuts de l’animal familier dans ses dimensions historique, anthropologique, voire scientifique, puisque les recherches sur l’humain s’effectuent de plus en plus en regard du fonctionnement animal. Nous travaillerons particulièrement à mettre en évidence les destins de cet animal familier dans l’intersubjectivité des familles et des couples reçus en thérapie."





Des chiens et des humains

France Inter a consacré son émission « la tête au carré » du 14 avril au sociologue, anthropologue et historien des sciences, Dominique Guillo et à la sortie de son livre « des chiens et des hommes ». D. Guillo, chercheur au CNRS (laboratoire GEMAS), travaille dans une perspective transdisciplinaire sur l'articulation de la biologie et des sciences sociales.

Avant même l'arrivée d'Homo sapiens sapiens, le chien nous tenait compagnie. Comment expliquer cette étrange association, cette place unique occupée par le «meilleur ami» de l'homme, par cet animal qui, assurément, sait si bien s'y prendre avec nous ? L'étude du chien se révèle riche d'enseignements, sur lui, bien sûr, mais aussi... sur nous-mêmes !
Qui est-il ? D'où vient-il ? Comment perçoit-il le monde ? Comment communique-t-il avec nous ? Comprend-il notre langage ? D'où viennent ses éventuels accès d'agressivité ? Et nous, d'où vient notre attachement à lui ? Vient-il compenser nos manques affectifs ? Est-il normal que nous lui parlions ? Que nous nous sentions compris par lui ? Au fil de la lecture, se dessine le paysage de la subjectivité canine, un monde bien différent du nôtre (non, le chien ne parle, ni ne rêve, ni ne voit comme nous...), mais avec lequel nous entrons facilement en interaction. Même tissée de malentendus, la communication est réelle, nous imposant d'abandonner l'idée d'une frontière infranchissable entre l'homme et l'animal. Il faut se rendre à l'évidence : le chien, avec qui nous avons construit une véritable société caractérisée par ses constantes, ses variations culturelles et son histoire, est finalement plus proche de nous que le chimpanzé.*

L’émission est disponible sur le site de France Inter jusqu’au 14 mai 09


*Source Fnac

Facteurs environnementaux influençant le développement du langage des enfants du spectre autistique

Une nouvelle publication à l’internationale vient de paraitre: Grandgeorge M, Hausberger M, Tordjman S, Deleau M, Lazartigues A, Lemonnier E (2009) Environmental Factors Influence Language Development in Children with Autism Spectrum Disorders. Plos One 4 (4) : e4683

Cette communication est publiée dans la revue Plos one, revue récente faisant partie des meilleures du moment et permettant l’accès gratuitement aux publications scientifiques.

En résumé, il est clairement admis que les comportements typiques se développent sous l’influence conjuguée de facteurs génétiques et environnementaux. Cependant, au cours des dernières décennies, l'accent a été mis sur un déterminisme biologique des troubles psychiatriques, comme les troubles du spectre autistique. Par exemple, de nombreuses études de ces troubles montrent qu’ils ne sont pas influencés par les parents. Si on s’intéresse aux recherches menées sur les animaux, il semble que les traits comportementaux - typiques ou pathologiques - peuvent être influencés par des facteurs génétiques et environnementaux.

Notre recherche s’est intéressé au fait que dans le spectre autistique, les troubles du langage pourraient être sensibles aux facteurs sociaux. Le langage étant un acte social, il se développe grâce à l’environnement social. Grâce à l'ADI-R (Autism Diagnostic Interview-Revised; Lord et al 1994), nous avons comparé un large panel d’enfants du spectre autistique dont les parents appartiennent à différents niveaux d’éducation. Les caractéristiques choisies sont celles du développement sensori-moteur et langagier.

Les résultats montrent que les enfants élevés par des parents de haut niveau d'éducation ont un développement du langage plus précoce (Fig 1). En outre, les enfants de mère de haut niveau d’éducation ont utilisé plus précocement leurs premiers mots et leurs premières phrases, montrant que le sexe du parent a lui aussi une influence.

À notre connaissance, cette recherche peut (1) constituer de nouvelles lignes de pensées et recherches, (2) participer au rééquilibrage entre les influences sociales et les perspectives purement biologiques dans l’étude du spectre autistique et (3) donner des pistes de réflexion pour la mise en place de nouvelles thérapies basées sur l'environnement.

Vous pourrez retrouver cette publication en pdf et en anglais ici



Figure 1: Pourcentages moyens d’enfants (A) utilisant leurs 1ers mots avant 24 mois (enfants sans retard) et (B) utilisant leurs 1ères phrases avant 33 mois (enfants sans retard)
Les barres noires représentent le groupe de bas niveau d’éducation (< niveau bac), les barres grises représentent le groupe de niveau d’éducation moyen (entre bac et bac + 2) et les barres blanches représentent le groupe de haut niveau d’éducation (≥ niveau bac +3).
La ligne noire indique le pourcentage moyen d’enfants dans chaque catégorie selon le niveau d’éducation du père ou de la mère selon une distribution au hasard. Les valeurs en dessous de la ligne un groupe le moins représenté dans la catégorie tandis que les valeurs au dessus de la ligne un groupe le plus représenté dans la catégorie.